Le mâle et Ph&


Le mâle et ph&
  Page d'accueil
    Ma page d'accueil
  A propos
  Archives
  Contacts

 

http://20six.fr/co-errance

Hébergé par 20six.fr



Liens
  Ph&-no
  Je t'ai l'encre!
  
 
Je et la haine

Je hais la haine. Ces regards de travers qui te font mal droit dans le cœur. Ces regards lancés sans même connaître la trajectoire de ta vie. Juste sur une première impression. Je hais la haine. Ces mots crachés à tout-va. Ces fers croisés contre tout. Sans savoir vraiment pour quoi. Pourquoi ? Sans vraiment vouloir connaitre. Je hais la haine. Cette haine de l’autre. Contre l’autre que l’on ne connait pas. Et que l’on ne veut pas connaitre. Que l’on hait déjà sans savoir qui il est. Cette haine gratuite qu’on nous vend un peu partout. Cette violence. Physique. Morale. Verbale. Je hais la haine faite de préjugés. De dogmes. De règles. De mythes. D’impossibilités de changer d’avis. Cette sorte d’obligation d’haïr un certain autre à vie. Cette rage envers l’autre. Cette violence. Cette haine. Ce sang même. Oui. Je la hais.

Tu es la haine. Mon frère. Regarde tes mots. Tes gestes. Tes faits. Tes fers rouges. Prêts à rugir. Mon frère. Tu es la haine. Et moi je t’aime. Mon frère. De sang. De lait. De rue. De douleur. De passion. Un homme comme tous. Nous sommes. Tu hais. Une somme d’hommes. Et l’un et l’autre nous pourrions faire beaucoup. Mais tu hais l’autre. Mon frère. Un recueil de ressentiments. A toi tout seul. Tu t’isoles. L’un contre l’autre. Tu ne récoltes que ce que tu hais. La haine au fond de toi. De tes yeux. De tes mains. De ta bouche. Tu es la haine mon frère. Sans savoir vraiment pourquoi, tu hais l’autre en face de toi. Au premier regard. Sans vraiment savoir qui il est. Toi tu hais. Et tu es acide au fond des yeux, au-delà des mots. A tuer tout échange entre l’un et l’autre. Quel qu’il soit.
Et moi. Et moi, je…
Je hais ta haine. Mon frère. 

11.8.07 12:47


ma très chair

Alors c’était ça ton rêve d’Amérique
Attendre jusqu’à plus soif
Les noms se sont envolés comme des cendres
On ne les retrouvera pas
Alors c’était ça
Un billet aller
Jusqu’à plus soif
La tranche d’un vieux papier jauni sillonne tes doigts
Tu dois savoir pourquoi
Pourquoi eux
Et pas toi
Attendre jusqu’à plus vivre
Sur une chaise d’Amérique
Quelques éclats de verre au fond des yeux
Un océan qui sépare des vies
Des visages qui finissent par disparaître
Alors c’était ça ton rêve
Des années à hurler sur une chaise
Pendant qu’on brûlait les traces
A petit feu
A perte de vue
L’Amérique au bout des doigts
A quelques gouttes de sang près
Comme un temps qui s’est arrêté
A jamais ton temps
Les murs se sont refermés
Les ponts ne se sont pas construits
Alors c’était ça
Pendant des années
Ma très chère

 

11.8.07 12:45


Le début de l'enfin

Parce que la vie ce n’est pas toujours un parcours pieds nus sur un tapis de braises brûlantes
Parce qu’il y a un jour qui se lève et qu’on se dit que ça vaut la peine d’être vécu
Parce que bien qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige ou qu’il glace, il reste toujours du soleil dans nos cœurs et dans nos corps
Parce qu’il y a des moments ou l’on peut laisser tomber nos douleurs passées comme un arbre se sépare de sa vieille écorce pour repartir de plus belle
Parce qu’au bout du compte on se construit toujours et de tout
Parce qu’il existe des regards clairs et fragiles dans lesquels on peut lire l’avenir
Parce qu’avoir peur du futur cela veut aussi dire avoir envie de vivre pleinement
Parce qu’il y a des matins encore plus beaux
Parce qu’il y a des soirs et des nuits que l’on n’oubliera jamais
Parce que nous savons sourire, danser, courir
Parce qu’il y a des mains qui se tendent
Parce qu’on se dit qu’il y a un univers des possibles
Parce que je te vois en couleurs
Parce qu’un vide est fait pour être comblé, même et surtout celui qui résiste entre chaque seconde
Parce qu’on a des envies, des plaisirs et des désirs
Parce que les grains de sable sont faits pour être soufflés et les sourires répétés
Parce que ce matin je voudrais déplacer les montagnes pour qu’il n’y ait plus jamais d’hiver dans nos cœurs
Parce qu’on rêve et qu’on investit dans la tendresse
Parce qu’un sourire est le plus beau des gestes
Il y a le mot optimisme
Que j’écris enfin

Optimisme

12.9.06 21:03


Servitude de passage

Tu te tais. Tu es toi. Tu peints. Tes toiles.
Tu es cri. Tu y crois. Tu dévoiles.
Dans le silence ou dans le bruit. Dans la solitude. Dans la nuit.
Pendant que les douleurs passées se tendent sous nos doigts qui caressent le papier ou la toile, il y a cette douleur qui arrive. Ce silence. Ces blessures qui remontent de nos déserts arides.
De nos errances mélancoliques au plus fin fond de nos mémoires instables.
Pendant que tu les peints ou qu’on les crie, il y a ces quelques anciens souvenirs qui viennent faire des moments présents une poussière d’étoile. Un désastre. Une toile. Quelques mots.
Le soleil nous oublie pendant que l’on se replie. Que l’on s’accroche. Que l’on fait corps avec le papier et la toile.
Il y a comme un vide qui se crée. Comme un accord tacite avec le temps. Comme une recherche de l’infini.
Il y a cette distance entre chaque seconde. Cette distance entre la cause et l’effet.  Cette distance entre l’instrument et la pensée. Ce froid dans le dos. Cette peur. Cette crainte de l’effet non rendu. Ces ondes brouillées entre les souvenirs, les douleurs, les choses passées, nos avenirs.
Il y a tout ça. Et pourtant on continue à se dire que c’est nécessaire.
Pendant tout ce temps. Pendant tout ce toi que tu es. Il se dégage une force implacable. Pas de qui. Pas de quoi. Toi, moi, nous eux. Il y a le même acharnement. Celui de vouloir extérioriser, exprimer ce qui dort en toi. Depuis longtemps  parfois.
Et puis il y a cet impitoyable jugement que l’on se porte à soi-même. Celui-là même qui fait oublier toute fierté. Celui-là même qui nous rend toujours insatisfaits de la forme que l’on ressent si lointaine de ce qui dort encore au fond de soi.
Alors on ne s’arrête pas. On ne s’arrête plus.
On ne fait plus que ça.
Toute une vie.
Comme s’il existait une infinie combinaison de ce qui sommeille en nous. De ce qui nous attend à la croisée de nos chemins.
Comme une servitude à cet acte parfois inespéré.

26.7.06 17:05


Infini ment moi



Jamais le soleil ne voit l'ombre
Écrasé de blanc
Mur des constellations
Nous avons l'appétence de l'infini

Comme pour se débarrasser des mauvaises tombes
A coup de larmes acides
Qui repoussent là où on s’y attend le moins
La lumière des tranchées de nos jardins secrets

Nous sommes face à lui
Nous en voulons toujours plus
Gestes incalculables de gratitude
Une soif éternelle de s’en rapprocher

Le huit couché plus ou moins
Un plus un sans autre choix
Feuilles des quantiques
Dans la mathématique des sentiments

Un dessein de perfection
Une esquisse recommencée
Jusqu’à fusion de la main et de la mine
L’infini moment des finitions, la fin de toute une vie
 
Tu peux toujours caresser le papier de tes huiles essentielles
Blanchir abondamment à t’en brûler les yeux
Obscurcir des tes traits les plus fins les grains du papier
Tu seras toujours à la limite

Limite de l'ombre du fusain
Jamais nette pourtant tranchante

 

18.7.06 17:51


Saignant - Bleu - A poing

Tôt le matin
Se réveiller avec
Avec le cœur qui saigne
De rêves éveillés
Une nuit de songes
De soulagements
De mensonges
De douleurs oubliées
A jamais
J’aimais
Cette nuit de rêves
Cette nuit ou alors cette vie
 
Tôt le matin, tard le soir, dans la nuit
Le cœur saigne
Le corps pleure
Et je plonge dans la peur
Me rappelle de ses signes particuliers
Néant
Tout est vide. Qu’il soit tôt ou tard
Tout se vide
Ce vide
Me rappelle à l’ordre établi
Dérèglement intérieur
Des mauvais jours depuis
 
Ni contrainte, ni force
Commencer à connaître
Le goût du café réchauffé
Des années précédentes
La sensation des draps rêches de l’enfance
Regarder passer les années
Et garder le cœur saignant
Comme un bleu à l’âme
Après tout
Après tout ça
Poings serrés

29.5.06 20:18


L'ange rit, fait minime

  

Les dessous de soi  ne sont pas chatoyants
Par humeur ou par tendresse
Être à l’ envers de l’aimant
L’intérieur de moi  n’est pas si chagrin

Il règne en surface une peau de chagrin plutôt inaltérable
Comme un bouclier de faiblesse face aux manifestations de l’alter ego
Par amour ou par sagesse
L’extérieur de soi devient réversible selon la raison

Les dessous de soi sont si sensibles
Qu’ils ne sont ni repris ni échangés
Qu’importe le problème de taille
De celui qui ne veut pas mesurer le poids des maux

Ne pas se mentir sur ses dessous
C’est  comme s’avouer être un peu flou
Monter en épingle les cache-cœurs qui n‘existent qu’en bure
Mais recouvrir d’un voile satiné l’ensemble d’une vie dont on ne se souvient pas

Et puis, l’ange rit
Nous regarde nous débattre avec nos dessous difficiles à porter
L’ange rit, fait minime
On s’en fout, en dessous, de soi

Les dessous de soi, derniers remparts avant d’être mis à nu
De défaire, sans dentelle, le voile sur sa personnalité
Préliminaires incontournables
Puis laisser l’autre connaître l’intérieur de moi

Sans dessous de soi, l’équilibre n’existe pas
Il y a la face cachée, contradiction nécessaire de sa propre image
Mais si l’on s’imagine avoir des dessous sales, souillés par une vie moins envisageable
Ceux-ci sont nécessaires, quitte à ne plus connaître l’endroit de son envers ni son motif

Pendant ce temps l’ange rit toujours
Nous regarde en pleine interrogation dans les cabines d’essayage de nos vies
Il n’y a que des miroirs déformants de toute façon, que des néons qui balafrent les corps
C’est un fait minime

D’un doigt fébrile dégrafer ce qui soutient les endroits intimes de sa propre histoire
Trembler comme lors de la première fois où l’on se découvre soi-même
Par humeur ou par tendresse
Par amour ou par sagesse
Paravent de nos envers, les dessous de soi sont nos mystères

6.4.06 17:20


 [page précédente]



L'auteur du blog est responsable de tous ses contenus. Ouvrez votre blog sur 20six.fr ou myblog.de